[In het Nederlands]

Au lendemain de la grève du 8 décembre paraissait un encart dans la presse invitant à imaginer. De fait, imaginons que…
Philippe, Raphaëlle, Vincent, Frans, Paul, Luc, Hans et les autres


Lire l'encart paru dans la presse du 9 décembre

Notre réponse :



Imaginons que…

Nous vivons dans un pays où les riches sont de plus en plus riches, où le chômage est massif, où le travail épuise toujours aussi vite, où le salaire de la majorité des travailleurs baisse toujours en termes réels malgré l’indexation, où le travail est de plus en plus précaire, où une personne sur 7 est pauvre, où les inégalités sociales se reproduisent de plus en plus dans les écoles, où de nombreux habitants sont en attente d’un logement social, où les services publics s’affaiblissent à cause des réductions budgétaires et des privatisations, …


Mais imaginons que …

tous les travailleurs jettent aujourd’hui l’éponge. Que soudainement, ils décident d’arrêter le travail et de laisser leurs patrons porter les caisses au barème en vigueur.
Pour montrer que même avoir un emploi aujourd’hui ne signifie pas être à l’abri de la précarité. Que l’appauvrissement du plus grand nombre au profit d’un dogme économique n’est pas un progrès pour l’humanité. Et que l’engrenage de la croissance ne justifie pas l’épuisement des ressources de tous (celles des travailleurs comme celles de la planète). Peut-être alors y réflèchirait-on à deux fois avant de refuser la négociation. Peut-être même serait-on plus ouvert au dialogue. Peut-être que le gouvernement reverrait sa copie.
Ne serait-ce pas une bonne chose?

Imaginons que…

les entreprises irresponsables quittent le pays. Qu’elles abandonnent la Belgique parce que les attractions et les optimisations fiscales n’y rendraient plus possibles les effets d’aubaine et qu’il ne leur soit plus permis de jouer avec les lois pour payer le moins d’impôts possible. Et tiens, imaginons aussi que les grosses fortunes (jamais aussi riches depuis que la pauvreté gagne) s’en aillent en même temps… en perdant leur nationalité. Bonne affaire, après tout, nous sommes 99% : nous devrions arriver à repartir sur des bases saines, solidaires et responsables.
N’est-ce pas souhaitable?

Imaginons que…

les mouvements sociaux actuels donnent envie aux jeunes de s’engager davantage, de penser à l’avenir de tous, de retrouver un sens à leur vie. Alors, la possibilité de se prendre en main redonnerait de l’espoir à tous ceux qui ne croient plus au système actuel. L’histoire et l’expérience nous montrent que les combats sociaux ont permis de faire avancer les choses.
Nous devons nous le permettre.

Imaginons que...

les entreprises payent autant d'impôts que les citoyens et méditent sur le fait que, par exemple, celles qui réalisent d’important bénéfices sont trop souvent taxées à moins de 10%.
Que pourrions-nous faire avec cette richesse?

Imaginons que…

la participation sociale de chacun ne se réduise pas à faire carrière, que le travail ne soit plus qu’une facette parmi tant d’autres de l’existence et que le nombre d’emplois disponibles sur le marché soit redistribué équitablement à tous. Les différences de salaire ne pourraient plus dès lors être conséquentes, chacun travaillant avec une même durée de travail par semaine. Peut-être alors, la valeur de la compétitivité perdra de son sens et il sera possible effectivement de vivre plus longtemps, mais dans des conditions qui en valent la peine.
Ca en vaut la peine.

Imaginons que…

l’on réduise la dette en allant chercher l’argent là où il se trouve.

Parce que nous avons laissé les choses aller trop loin, parce que nous nous accrochons à un statu quo, alors que des réformes sont indispensables. Des réformes qui impliqueraient que tout le monde participe, y compris les multinationales qui pour l’instant ne paient quasi pas d’impôts.
C’est souhaitable non?



Imaginons que l’Etat soutienne la solidarité, que plus personne n’ait peur de perdre son emploi, de faire face à la précarité, à la solitude. Car nous sommes 99% et donc capables de réinventer un autre monde. Pas dans l’imaginaire mais dans la réalité. Maintenant.

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